Sibylla Boulle 4 ARTS

Sibylla Boulle 4 ARTS


 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  PartenairesPartenaires  Etudes diversesEtudes diverses  

Partagez | 
 

 Contes et légendes du Japon

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Contes et légendes du Japon   Sam 28 Oct - 21:33

Le reve vendu

Youkitchi et Mosouké étaient d'excellents amis.
Youkitchi était un garçon joyeux, presque frivole, Mosouké par contre était sérieux et fort prudent. Tout différents qu'ils étaient, ils s'aimaient tant que si l'un devait entreprendre un voyage d'affaires -en effet, ils étaient marchands- il attendait toujours que l'autre puisse se joindre à lui.
Ainsi, une fois de plus, ils faisaient route ensemble. La journée avait été chaude et ils furent heureux d'arriver au bord d'une forêt et de pouvoir s'étendre à l'ombre d'un pin. Au bout d'un moment, Youkitchi était profondément endormi. Mosouké regardait le dormeur et, en soupirant, se disait :
"Il dort tranquillement ici, dans la nature, comme s'il était dans la maison. Je ne le pourrais pas, moi, j'aurais peur de me faire voler. Et pourtant, un petit somme serait le bienvenu. Mais malheureusement, je ne peux pas m'endormir dehors."
Pendant que Mosouké faisait ces réflexions, il vit tout à coup une guêpe sortir de la narine gauche de son ami. Il la regarda avec étonnement. Elle s'envola vers un haut pin solitaire campé sur un rocher, tourna trois fois autour de l'arbre, puis revint vers Youkitchi et disparut dans sa narine droite. Mosouké n'avait jamais vu chose aussi étrange. A cet instant, Youkitchi s'éveilla, s'assit en riant et dit :
"Mosouké, je viens de faire un rêve merveilleux. Il faut que je te le raconte. Figure-toi qu'il y avait un haut pin campé sur un rocher élevé, oui, exactement comme celui que tu vois là-bas ; un guêpe tournait autour du tronc en bourdonnant : -tu dois creuser à cet endroit, tu dois creuser à cet endroit ! Et effectivement je me suis mis à creuser et j'ai trouvé un grand pot plein de pièces d'or. De ma vie je n'ai vu tant d'argent, sauf dans mes rêves !"
"Vraiment c'est un rêve étrange" répondit Mosouké,
"A ta place j'irais creuser autour de ce pin là-haut."
"Mais qu'est-ce qui te prends, je ne vais pas aller me fatiguer par une telle chaleur simplement à cause d'un rêve stupide. Continuons plutôt notre route pour arriver à temps en ville."
Mais Mosouké ne voulait rien entendre :
"un tel rêve a sûrement un sens. Si tu ne veux pas creuser, moi je veux bien essayer. Sais-tu ce que je te propose : vends-moi ton rêve."
Youkitchi éclata de rire :
"Voilà une bonne affaire pour moi qui n'ai jamais vendu de rêve. Que m'offres-tu ?"
"Tu as dit qu'il y avait là un grand tas de pièces d'or. Je ne sais pas vraiment ; je suis ton ami et je ne veux pas te léser. Dis-moi toi-même à combien tu estimes ton rêve."
Après une courte discussion, ils se mirent d'accord sur la somme. Et Mosouké acheta le rêve pour trois cent pièces d'argent.
"Jamais je n'ai fait une telle affaire. Tant d'argent pour un simple rêve," dit Youkitchi en riant.
"Mais maintenant, dépêchons-nous, sans quoi nous serons en retard pour le marché".
Les amis avaient parlé à haute voix car ils se croyaient seuls. Ils ne pouvaient pas deviner que l'avare Katchiémon avait surpris leur conversation. Lui aussi faisait route vers la ville et s'était reposé à la lisière de la forêt. Il s'était endormi mais les voix des deux marchands l'avaient réveillé. Maintenant il eut un rire mauvais :
"Que voilà d'honnêtes gens, acheter un rêve. Heureusement qu'ils ont parlé fort. Grâce à eux, je sais où est enterré le trésor et je l'aurai pour rien."
Katchiémon renonça à aller au marché et grimpa rapidement sur le rocher. Il creusa entre les racines du pin jusqu'à ce qu'il trouvât quelque chose de dur. Il continua à creuser avec précaution et finit par sortir de terre un grand pot ventru rempli de pièces d'or.
Katchiémon brisa le pot et mit les pièces d'or dans le grand sac qui ne le quittait jamais. Arrivé à la ville, il acheta pour tout cet argent une auberge et il devint un homme riche. Mais cet or ne lui porta pas bonheur. Au bout de quelque temps, il perdit non seulement l'or qu'il avait trouvé mais également tout ce qu'il avait possédé auparavant.
Bientôt il fut mendiant. Lorsque, à la ville, Mosouké eut terminé ses affaires, il quitta Youkitchi et s'en retourna à l'endroit où il avait acheté le rêve. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il vit que les racines du pin étaient dénudées et que les tessons du pot gisaient tout autour.
"Quelqu'un a pris les devants et a déterré le trésor," se dit-il avec tristesse.
Et il regarda les tessons. Tout à coup il tomba en arrêt car sur l'un d'eux il avait découvert une inscription. Il la déchiffra à haute voix :
"Le premier des septs."
"Le premier des septs, cela veut dire qu'il doit y avoir encore six autres pots sous terre," se dit-il et il commença à creuser avec énergie.
Et en effet il trouva, l'un après l'autre, six pots de terre, chacun rempli de pièces d'or jusqu'à ras bord. Mosouké se fit construire en ville une grande auberge qu'il appela "Au pot ventru". Il y vécut riche et satisfait jusqu'au jour de sa mort. Youkitchi venait souvent lui rendre visite et il saluait son ami par ces mots :
"Alors Mosouké, comment vas-tu ? Je suis venu voir ce que devient mon rêve."
Et les deux compères se tapaient dans le dos en riant et à chaque fois Mosouké servait à son ami le meilleur des sakés dans le plus ventru de ses pots.

D'après les Contes Japonais de M. Novak et Z. Cerna. Ed. GRUND
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Contes et légendes du Japon   Sam 28 Oct - 21:33

L'homme qui épousa une renarde

Il y a très longtemps, l'empereur Kinmei régnait ce pays.
Un homme habitait à Minonokuni (préfecture Gifu). Un jour, il monta à cheval et parti à la recherche d'une belle. Il espérait rencontrer une jeune fille qui accepterait de devenir sa femme. Par hasard, dans une plaine spacieuse, rassérénée, il aperçut une jeune fille.
Celle-ci s'approche de lui assez familièrement et lui fit du charme. L'homme qui souriait dans son coeur, lui cligna de l'oeil et répondit à ses avances. Il l'interpella:
« Hé, ...... mademoiselle, où allez-vous ?
La femme lui répondit:
« Je parcours le pays afin de trouver un bon mari. »
L'homme proposa alors à la jeune fille de devenir sa femme.
« Oui, c'est entendu, je vous accepte », répondit-elle.
Cet homme l'emmena dans sa maison. Ils se marièrent et vivait maintenant ensemble. Quelques mois s'écoulèrent. La femme devint enceinte et mit au monde un garçon le jour du 15 décembre. Or, ce même jour et au même moment, la chienne que l'homme possédait mit bas un chiot. Ce dernier ne supportait pas la femme de la maison.
Lorsqu'il se trouvait en face d'elle, il semblait irrité par sa présence. Il l'attaquait violemment, la fixait d'un regard hostile, aboyait bruyamment, les dents retroussées et dirigées contre elle. Chaque jour, le chiot manifestait sa colère, de jour en jour, il enflait l'animosité contre elle. La femme, effrayée, tremblait de peur. Un jour, elle supplia son mari:
« Mon cher, ...... tuez, assommez ce chien, je vous en prie ! »
Mais son mari, qui avait pitié de son chien, ne pouvait se résoudre à le tuer. C'était en février ou en mars, c'était le temps de piler le riz dans un mortier. Un jour, l'épouse entra dans une cabane où se trouvait le mortier pour piler le riz; il lui fallait préparer des goûters pour ses ouvrières.
Soudain, la chienne qui était la mère du chiot, se mit à la poursuivre en grognant. Sa voix embêtante se jeta sur cette ménagère et menaçait de la mordre. La ménagère fut terrifiée, eu beaucoup d'effroi. Aussitot, elle se métamorphosa en renarde et s'enfuit au plus vite. Elle alla se réfugier sur une corbeille et s'y assit. Son mari l'aperçut. Il lui dit:
« Ma chérie, ...... comme je t'aime ! Nous, toi et moi, nous vivons ensemble, nous sommes devenus intimes, liés profondément, et, nous avons reçu un enfant par la grâce......, n'est-ce pas ? Jamais je ne t'oublierai...... Viens chez moi, quand tu le voudras, couchons ensemble. Je t'attends...... »
Et. Ainsi, la renarde se rendit chez l'homme qui était son mari et passa la nuit avec lui. Elle se souvenait de la promesse de l'homme. Dès lors, la femme fut appelée Kitsune (*ki-tsu-né) qui signifie « vient, aime, couche ». Un jour, l'homme vit sa femme venir à lui, vêtue d'une longue jupe dont le bas était teint en beau nuancé de rose. Elle avait l'air élégant et gracieux.
Puis, elle s'envola on ne sait où, en faisant flotter les pans de sa belle jupe rose. Depuis ce jour, le mari ne cessa plus de penser au visage de sa femme. Il dessinait en son coeur la figure qui s'était éloignée de lui et soupirait pour sa femme bien aimée. Il composa une chanson et il la chantait.
Koi wa mina waga he ni ochi nu tamakagiru haroka ni mie te ini shi ko yue ni
En mon coeur tous les chemins languissants de mon amour se traînent à cause de toi, tu es partie au loin et tu t'estompes dans la lumière tamisée éternellement, je pense à toi
Ainsi, le garçon qui était né de l'homme et de sa femme renarde fut nommé « Kitsune ». On l'appelait aussi « Kitsune no Atae », c'est-à-dire « officiant renard ». Ce garçon était très fort, herculéen et courait très vite comme un vol d'oiseau. Voilà l'origine du nom de la famille « Kitsune no Atae ».

lexique :

Kitsune : « renard » en japonais.
L'empereur Kinmei : autrement appelé « Amenokuni oshiharu hironiwa no mikoto », qui signifie « l'empereur qui ouvre en force la porte au jardin spacieux dans le ciel ».
Minonokuni : nom ancien de la préfecture Gifu.
Atae : dénomination ancienne de l'officier municipal qui préside la cérémonie et la fête solennelle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Contes et légendes du Japon   Sam 28 Oct - 21:34

Le ki :

Un maître du combat à main nue enseignait son art dans une ville de province. Sa réputation était telle dans la région qu'il défiait toute concurrence : les pratiquants boudant tous les autres professeurs. Un jeune expert voulu en finir de ce monopole, ce règne. L'expert se présenta à l'école, un vieillard lui ouvrit la porte. Sans hésiter le jeune homme annonça son intention. Le vieil homme, visiblement embarrassé, tenta de lui expliquer combien cette idée était suicidaire, étant donné la redoutable efficacité du maître. Pour impressionner ce vieux radoteur qui semblait douter de sa force, l'expert s'empara d'une planche et, d'un coup de genou, il la cassa en deux. Le vieillard demeura imperturbable. Le visiteur insista à nouveau pour combattre avec le maître, menaçant de tout casser. Le vieux bonhomme le pria alors d'attendre et il disparut. Quand il revint peu après, il tenait à la main un énorme morceau de bambou. Il le tendit au jeune en lui disant : "- Le maître a l'habitude de casser avec un coup de poing des bambous de cette taille? Je ne peux prendre au sérieux votre requête si vous n'êtes pas capable d'en faire autant." S'efforçant de faire subit au bambou le même sort que la planche, le jeune présomptueux dut finalement renoncer, épuisé, les membres endoloris. Il déclara qu'aucun homme ne pouvait casser ce bambou à main nue. Le vieillard répliqua que le maître, lui , pouvait. Il conseilla au visiteur d'abandonner son projet tant qu'il ne serait pas capable d'en faire autant. Excédé, l'expert jura de revenir et de réussir l'épreuve. Deux années passèrent pendant lesquelles il s'entraîna intensivement à la casse. Chaque jour il se musclait et durcissait son corps. Ses efforts portèrent leurs fruits car il se présenta à nouveau à la porte de l'école, sûr de lui. Le même petit vieux le reçut. Exigeant qu'on lui apporte l'un des fameux bambous pour le test, le visiteur ne tarda pas à le caler entre deux énormes pierres. Il se concentra quelques secondes, leva la main puis il cassa le bambou en poussant un cri terrible. Un sourire de satisfaction aux lèvres, il se retourna vers le frêle vieillard. Celui-ci fit un peu la moue et déclara : " Décidément, je suis impardonnable, je crois que j'ai oublié de préciser un détail ! le maître casse le bambou … sans le toucher." Le jeune homme, hors de lui, répliqua qu'il ne croyait pas aux exploits de ce maître dont il n'avait même pas pu vérifier la simple existence. Saisissant alors un solide bambou, le vieil homme le suspendit à une ficelle qu'il accrocha au plafond. Après avoir respiré profondément, sans quitter des yeux le bambou, il poussa alors un cri terrifiant qui venait du plus profond de son être, et sa main, tel un sabre, fendit l'air pour s'arrêter à 5 centimètres du bambou … qui éclata. Subjugué par le choc qu'il venait de recevoir, l'expert resta plusieurs minutes sans pouvoir dire un seul mot, pétrifié. Finalement, il demanda humblement pardon au vieux maître pour son odieux comportement et le pria de l'accepter comme élèves.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Contes et légendes du Japon   

Revenir en haut Aller en bas
 
Contes et légendes du Japon
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Légendes Urbaines
» F1 GP du Japon 2015 : Victoire Lewis Hamilton
» cartographie JAPON ?
» Thème typé japon
» Kimura Takuya (idole) [SMAP]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sibylla Boulle 4 ARTS :: Poésie, Ecrits :: Mythologies et légendes-
Sauter vers: